Sur la route des ateliers
Plusieurs voyages à l'étranger, beaucoup de tissus pris en main, peu d'ateliers retenus : comment nous choisissons ceux qui fabriquent nos pièces.

Un vêtement, ce sont d’abord des gens. Une matière se choisit sur une fiche technique ; un atelier, il faut aller le voir. Alors, depuis le printemps, nous voyageons. Début septembre, Ryan a repris la route, carnet en poche, pour rencontrer de nouveaux fabricants.
Ce qu’on regarde en entrant
Les rouleaux d’abord. On demande à toucher la polaire, à voir l’envers brossé, à comparer deux rouleaux du même tissu teints à plusieurs semaines d’écart : un noir doit rester le même noir d’une production à l’autre.
Puis les tables de coupe. Un atelier qui coupe proprement, avec des patrons rangés et annotés, coud en général proprement aussi.
Enfin les machines, et surtout les mains qui les guident. On regarde une couture se faire. On compte les points au centimètre. On retourne une pièce finie pour voir l’intérieur, là où personne ne regarde, sauf ceux qui travaillent bien.
Les questions qu’on pose
- Pouvez-vous refaire exactement ce tissu dans six mois ?
- Que devient cette pièce après dix lavages ? Montrez-nous.
- Qui contrôle les pièces avant leur départ, et comment ?
Les bonnes réponses sont rarement les plus rapides. Ce sont celles qui arrivent avec une pièce à la main.
Les meilleurs ne sont pas les plus grands
Certains ateliers impressionnent par leur taille. Ceux que nous retenons impressionnent par leur soin : une broderie dense qui ne fronce pas le tissu, un bord-côte qui revient en place quand on le tire, une capuche doublée qui tombe juste. Nous préférons peu de partenaires, et des relations longues.
Ce qu’on rapporte
Des échantillons plein la valise, des photos, des pages de notes, et chaque fois la même conviction : on ne choisit pas un fournisseur sur un écran. On le choisit en touchant ce qu’il fabrique.